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La graisse se loge parfois dans certaines parties du corps auxquelles on ne pense pas... comme le foie par exemple ! Si ce phénomène reste généralement bénin, il peut parfois évoluer vers une forme sévère, augmentant les risques de maladies hépatiques graves. Il convient donc de le diagnostiquer rapidement pour prendre les mesures adaptées et ainsi parvenir à inverser la tendance.

Toutes les infos dans notre article.

Stéatose hépatique : définition

La stéatose hépatique non alcoolique (NASH pour Non-Alcoholic Steato-Hepatitis) fait suite au foie gras (NAFL pour Non Alcoholic Fatty Liver). Elle correspond à l'accumulation de graisses, sous forme de triglycérides, au niveau des cellules du foie, les hépatocytes. On parle de stéatose à partir du moment où plus de 5 % des cellules de l'organe sont concernées.

En Europe, cette situation s'observe chez 20 à 30 % de la population, dont 2 à 10 % d'enfants. Dans l'Hexagone, 18,2 % des Français ont un foie trop gras (25,8 % des hommes et 11,4 % des femmes) et 2,6 % d'entre eux sont au stade de la NASH associée à une fibrose sévère et donc avec un haut risque de développer une cirrhose et/ou un cancer du foie.

Les hommes et les femmes sont autant touchés les uns que les autres. Si une différence existe, c'est en raison de la capacité supérieure qu'ont les femmes à suivre les recommandations sur le long terme et à se prendre en charge du point de vue nutritionnel.

Comme pour l'obésité et le diabète, il existe un impact socio-économique important : les sujets ayant un faible niveau socio-économique étant le plus à risque (bien se nourrir et pratiquer une activité physique régulière nécessite parfois des moyens financiers importants).

Causes de la NASH

Plusieurs phénomènes peuvent contribuer à l'accumulation de graisses au niveau du foie :
  • Une alimentation trop riche (nourriture industrielle et malbouffe) : cette affection est ainsi liée à l'obésité, qui touche 16 % de la population dans notre pays (80 % des obèses présentent une NASH). Elle apparaît aussi chez les patients diabétiques dont la maladie est mal contrôlée (6 diabétiques sur 10 sont concernés).
  • Elle est favorisée par un taux de cholestérol trop élevé (hypercholestérolémie), généralement consécutif à une alimentation trop riche en graisses saturées (malbouffe) et pauvre en graisses insaturées (huiles végétales, poissons) ainsi qu'en fibres et en vitamine C.
  • Une carence protéique, liée à un état de malnutrition général, ou au suivi d'un régime alimentaire végétalien.

Cela peut être également dû à l'exposition à certaines substances :

  • des médicaments, comme les corticostéroïdes (anti-inflammatoires), les œstrogènes synthétiques (contraception ou traitement de la ménopause), la tétracycline (antibiotique), le tamoxifène (utilisé dans le traitement contre le cancer du sein), les traitements antirétroviraux hautement actifs utilisés chez les patients atteints par le VIH... ;
  • des produits toxiques : insecticides (DDT, phosphore...) ou encore le glyphosate qui, selon une étude récente (Mills et al. Clinical Gastroenterology and Hepatology, 25 avril 2019) est lié de façon significative et sans ambiguïté au développement de la NASH.

Une stéatose peut également apparaître au cours de la grossesse, après une chirurgie de l'obésité, ou de perte de poids trop rapide.

Les autres facteurs de risque de stéatose hépatique sont l'usage du tabac, avec plus 10 paquets/année et la consommation d’alcool, même de façon modérée (plus de 10 g/jour).

Symptômes de la NASH

La stéatose hépatique est en général asymptomatique ; le foie peut toutefois être légèrement douloureux, avec un volume un peu augmenté.

Mais à terme, une réaction inflammatoire finit par apparaître. Elle débute par une NAFL, c'est-à-dire un foie gras. Cela est dû à une surcharge hépatique en raison d'excès caloriques (trop de gras et de sucre) et d'un manque d'activité physique (ce qui rend le foie moins sensible à l'effet de l'insuline qui est chargée de réguler la glycémie).

Le foie essaie alors de se défendre contre sa propre surcharge, ce qui génère une inflammation plus durable : la NASH. Elle se traduit par l’augmentation du risque de début de fibrose, un carcan fibreux qui entoure les cellules et les empêche de respirer. Les cellules hépatiques en souffrance finissent par faire apparaître une cirrhose. Dès lors, le foie ne pourra plus fonctionner normalement.

Examens et diagnostic de la NASH

En cas de stéatose hépatique, le bilan sanguin va révéler certaines anomalies :

  • les taux de transaminases, des enzymes hépatiques, sont perturbés ;
  • on observe notamment un taux d'alanine aminotransférase supérieur (ALAT) à celui d'aspartate aminotransférase (ASAT) ;
  • une diminution du taux du « bon » cholestérol, le HDL (moins de 0,4 g/L [1,03 mmol/l] chez l'homme et de 0,5 g/L [1,29 mmol/l] chez la femme) ;
  • une augmentation du taux de triglycérides (supérieur à 1,5 g/L soit 1,7 mmol/l) et de sucre.

La stéatose hépatique peut être identifiée à l'aide d'une échographie de l'organe. Un prélèvement d'un fragment de celui-ci, la biopsie hépatique, peut être réalisé en complément pour confirmer le diagnostic. Mais aujourd'hui on a de plus en plus souvent recours à l'IRM qui permet de quantifier la présence de graisse stockée dans le foie avec une précision remarquable (plus encore qu'une biopsie) tout en évitant d'être invasif.

D'une façon générale, le dosage des transaminases constitue aujourd’hui le meilleur outil pour dépister et traiter efficacement les maladies du foie.

Toutefois, un test facile à calculer nommé FIB 4 (pour Score Fibrosis-4) et disponible en ligne a été mi au point au CHU de Strasbourg. Il se calcule par la formule : FIB 4 = [(Age x ASAT)] / (Plaquettes x √[ALAT])

Lorsque le score est supérieur à 1,3 il existe un risque significatif de NASH et le patient devrait être adressé en consultation chez un hépatologue. Les premières études avec ce test montrent sa fiabilité.et il présente l'avantage d'être simple, non invasif et il ne coûte rien.

Complications

Cette affection est bénigne et n'accroît pas le risque de mortalité, mais la situation peut évoluer vers le développement d'une inflammation et de lésions du foie.

La stéatose hépatite non alcoolique (NASH) avérée favorise le développement d'affections graves du foie : cirrhose, insuffisance hépatique, cancer (carcinome).

Traitement de la stéatose hépatique

Hygiène de vie

Les mesures hygiéno-diététiques permet de guérir d'une stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) et de ralentir la progression de la stéatohépatite non alcoolique (NASH).

Dans ses premiers stades, la stéatose est réversible. Il convient donc de prendre en charge ses causes sous-jacentes pour l'enrayer (traiter le diabète, réduire le taux de mauvais cholestérol...). Il faut cependant plusieurs mois pour voir la quantité de graisses diminuer dans le foie. Il faut alors :

  • Adapter son alimentation : une étude menée en 2011 au sein de l'université du Texas a montré que le suivi pendant deux semaines d'un régime pauvre en glucides était plus efficace qu'un régime hypocalorique (des réductions de graisses de 55 % dans le premier cas contre 42 % dans le second). Faîtes aussi attention au sel (la stéatose hépatique s'accompagne souvent d'hypertension).
    • Il faut également revenir à une alimentation équilibrée comprenant 5 fruits et légumes par jour, du poisson deux fois par semaine et un assaisonnement régulier à l'huile d'olive ou de colza. Ne négligez pas les protéines (poisson, poulet, œufs, viandes blanches) et si vous êtes végétarien, prenez soin de mélanger plusieurs céréales pour obtenir la même quantité d’acides aminés essentiels.
    • Le champignon shiitaké peut participer au traitement de la stéatose hépatique. Il est donc conseillé d'en manger régulièrement en cas de pathologie hépatique, même si celle-ci est grave (hépatite chronique par exemple).
    • Manger à heure fixe est important pour le foie. Adopter une routine entrée-plat-dessert et un fruit à 17 h avec une boisson chaude permet d'évier le grignotage.
    • Manger lentement (21 minutes minimum) et mâcher longuement permet à la sensation de satiété de s'installer durablement.
  • Cesser sa consommation de sodas (mais aussi de jus de fruit très riches en fructose), de tabac et d'alcool.
  • Diminuer sa consommation de féculents (pain, céréales, pommes de terre, riz et pâtes...) peut représenter un moyen efficace de lutter contre la stéatose hépatique. Remplacez-les par des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges ou blancs) al dente.
  • La pratique d'une activité physique régulière (natation, jogging, vélo, musculation…) pendant 45 minutes, trois fois par semaine, soit au moins deux heures par semaine d’activité physique modérée à intense, aérobie, en 3 à 5 sessions (marche rapide, vélo statique…) permet :
    • de maîtriser son poids (perdre seulement 10 % de son poids fait déjà régresser les lésions du foie),
    • de réduire l'inflammation et la graisse hépatique,
    • de faire reculer un début d'atteinte du foie.
  • Éviter l'exposition aux herbicides.

Les chercheurs ont également confirmé l'effet protecteur du café au-delà d'une tasse de café non décaféiné par jour.

Compléments alimentaires

Plusieurs compléments alimentaires peuvent être intéressants en cas de stéatose hépatique.

D'une part, ceux qui viennent en aide au foie :

D'autre part, ceux qui stimulent l'immunité :

Plus généralement, reconstituez votre flore intestinale avec des pré et probiotiques (Lactospectrum® des laboratoires Le Stum, Orthoflore® des laboratoires Phyt’Inov...) et éliminez les métaux lourds avec des dépolluants (algues telles que la chlorella, le klamath, Xénosulf® des laboratoires Le Stum..). Vous pouvez également opter pour des produits exerçant des actions larges tels que le vinaigre de bois de chêne (Oaky® du laboratoire Han Biotech) ou Han Hepa choline® (même laboratoire).

Traitement innovant

Les patients à risque ou ceux ayant une fibrose avancée devraient entrer dans un programme de dépistage du cancer du foie et bénéficier à court terme d'un traitement par les nouvelles molécules, comme l'acide obéticholique qui vient récemment de la faire preuve de son efficacité dans cette pathologie.

Toutefois, selon la revue Prescrire, non seulement l’acide obéticholique (Ocaliva®) n’améliore pas l’état de santé des patients, mais en plus il aggrave souvent les principaux symptômes de la maladie (prurit et fatigue). Par ailleurs, il semble exposer à des effets indésirables hépatiques graves (parfois mortels) de sorte que l’acide obéticholique est à écarter même après l'échec d’autres traitements.

Chirurgie

En cas de NASH avérée, la chirurgie bariatrique (de l'estomac) pourrait être une solution. En effet, il a été démontré que la perte de poids qui s'ensuit fait disparaître la NASH dans 85 % des cas et entraîne une régression de la fibrose dans 50 % des cas au bout d'un an.

Dans sa forme sévère, il n'existe pas de traitement et la seule issue est donc la greffe de foie.

Dans un cas comme dans l'autre, de lourdes conséquences sont à prévoir, ces opérations étant loin d'être anodines.

Pour aller plus loin :

  • Découvrez l'anatomie et le rôle du foie.
  • Quelles sont les causes, symptômes et traitement de la cirrhose du foie ? Notre article fait le point.
  • Retrouvez tous nos conseils pour nettoyer votre foie.

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