Sommaire

L’iléostomie est une stomie digestive qui permet de relier temporairement ou définitivement la paroi de l’iléon (partie terminale de l’intestin grêle qui débouche sur le gros intestin) à la paroi abdominale pour recueillir par l’extérieur le contenu du transit intestinal. 

Elle s’avère indispensable dans certains contextes cliniques, même si elle entraîne des conséquences physiques et psychologiques importantes pour le patient.

La prise en charge pluridisciplinaire du patient est capitale pour accompagner le patient tout au long du processus.

Iléostomie : dans quels cas ?

L’iléostomie permet de relier la partie terminale de l’intestin grêle à l’abdomen et à une poche extérieure de recueil. Elle peut être indiquée pour toutes les pathologies digestives qui touchent les parties terminales de l’intestin, au-delà de l’intestin grêle (gros intestin, rectum, anus).

Selon les cas, l’iléostomie peut être temporaire (quelques semaines à quelques mois) ou définitive, et sa localisation au niveau de l’abdomen peut être latérale (cas fréquent pour les iléostomies temporaires) ou terminale (cas fréquent pour les iléostomies définitives).

Les indications de l’iléostomie temporaire sont la protection d'une anastomose digestive (réunion de deux fragments d'intestin après ablation d'un fragment malade) en attente de sa guérison :

  • une anastomose colorectale basse ou colo-anale après exérèse rectale pour cancer (ablation du rectum suite à un cancer colorectal) ;
  • une anastomose iléo-rectale ou iléo-anale après une coloprotectomie (ablation du côlon et du rectum) dans les formes sévères de rectocolite hémorragique (maladie inflammatoire chronique de l'intestin).

Ainsi que la résection de l’intestin grêle suite à une nécrose ou une perforation dans le cas d'une péritonite ou d'un infarctus du mésentère (rétrécissement anormal d'une artère digestive).

Les indications de l’iléostomie définitive sont :

  • les formes sévères de rectocolite hémorragique (maladie inflammatoire de l’intestin) ;
  • les formes sévères de la maladie de Crohn (maladie inflammatoire de l’intestin) touchant la région colique et ano-périnéale ;
  • une polypose adénomateuse (maladie génétique affectant le côlon et le rectum) ;
  • des carcinomes multiples (tumeurs) ;
  • un traumatisme du côlon et/ou du rectum.

Comment se passe la pose d’une iléostomie ?

La prise en charge du patient est assurée par une équipe pluridisciplinaire : chirurgien, gastro-entérologue, infirmier stomathérapeute, nutritionniste, etc.

L’iléostomie est mise en place au cours d’une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Plusieurs techniques chirurgicales existent selon la pathologie et l’indication de l’iléostomie. L’équipe médicale choisit la technique chirurgicale la plus adaptée au cas spécifique de chaque patient.

Avant l’intervention, la technique chirurgicale et les conséquences de l’iléostomie sur la vie du patient sont clairement expliquées au patient, sauf en cas d’urgence. L’infirmier stomathérapeute repère le site où débouchera la stomie, pour que son accès soit le plus facile pour les soins quotidiens. L’acceptation de la stomie et de ses conséquences constitue un cap difficile pour le patient, d’autant plus si l’iléostomie est définitive. Des associations de stomisés existent en France et soutiennent les patients confrontés à cette intervention (fédération des stomisés de France).

L’iléostomie débouche au niveau de la partie basse et droite de l’abdomen. Les selles passent à travers la stomie et s’accumulent dans une poche de recueil qui doit être vidée régulièrement.

L’infirmier stomathérapeute explique au patient l’appareillage associé à l’iléostomie :

  • les différents modèles de poches de recueil ;
  • les orifices des stomies, de taille et de forme variables ;
  • les protecteurs cutanés et le joint de pâte protectrice pour préserver la peau de l’acidité des selles. 

Suite à l’intervention, le patient est accompagné par l’infirmier pour les soins de l’iléostomie, d’abord à l’hôpital puis lors du retour à domicile. Progressivement, il apprend à gérer seul sa stomie. Le suivi diététique est également indispensable pour prévenir et limiter les complications de l’iléostomie.

Complications de l’iléostomie

L’intervention chirurgicale de pose d’une iléostomie expose à plusieurs risques de complications qui peuvent survenir à court ou moyen terme.

Des complications communes à toutes les stomies, nécessitant parfois une seconde intervention chirurgicale :

  • une irritation cutanée pouvant aller jusqu’à une nécrose cutanée en l'absence de traitement adéquat ; 
  • une nécrose de la stomie ;
  • une stomie peu ou pas visible et donc difficilement accessible pour les soins ;
  • une hémorragie ;
  • une extériorisation des anses intestinales ;
  • un abcès péritonéal ou une péritonite ;
  • une occlusion intestinale.

Des complications spécifiques à l’iléostomie :

  • un risque majeur de déshydratation si les apports en eau sont insuffisants ; 
  • des perturbations électrolytiques (perturbations des concentrations d'ions (notamment sodium, potassium et chlore) dans le sang et les urines) ;
  • des troubles rénaux liés à la déshydratation et aux perturbations électrolytiques ;
  • des troubles cardiaques liés aux perturbations électrolytiques ;
  • une carence en vitamine B12 et/ou en sels biliaires. 

Conséquences de l’iléostomie

Suite à l’intervention, l’iléostomie entraîne des conséquences importantes sur la vie quotidienne du patient :

  • Les selles sont très liquides et abondantes, car la réabsorption de l’eau des selles au niveau du côlon ne se fait plus. Après quelques semaines, l’intestin restant s’adapte et les selles deviennent moins abondantes. En moyenne, une iléostomie produit entre 0,5 et 1 litre de selles liquides par jour.
  • Les selles sont particulièrement irritantes pour la peau. Les soins de la peau autour de la stomie sont donc très importants pour préserver la peau.
  • L'iléostomie entraîne une altération de l’image corporelle avec des retombées psychologiques parfois graves.

Le patient doit respecter des conseils diététiques stricts :

  • des apports hydriques importants pour compenser les pertes dans les selles : au minimum 1,5 litre par jour, avec une eau fortement minéralisée et salée (type eau de Vichy) ;
  • une alimentation équilibrée pour éviter une diarrhée ou des ballonnements. 

Un traitement médicamenteux peut être nécessaire :

  • le lopéramide (médicament anti-diarrhéique) ponctuellement en cas de diarrhée ou au long cours ;
  • le traitement de la pathologie qui a nécessité le recours à l'iléostomie (traitement de la pathologie digestive, traitement anti-cancéreux). 

Aussi dans la rubrique :

Maladies de l'appareil digestif

Sommaire

Troubles et maladies du système digestif

Traiter le reflux gastro- œsophagien Maladie de Whipple Hernie de la ligne blanche Que faire en cas d’intoxication alimentaire ? MICI Glossodynie Comment soigner l'escherichia coli Ascaris Cirrhose du foie Soigner une hernie hiatale naturellement Pancréatite aiguë Anti-acide Appendicite Soigner les vers intestinaux Calculs biliaires Atrophie villositaire Cytolyse hépatique Soigner une salmonellose Abcès anal Maladie de Gilbert Syndrome dysentérique Angiome du foie Cirrhose biliaire primitive Sécheresse de la bouche Parasitoses digestives Intolérance au gluten Encéphalopathie hépatique Syndrome de Mallory Weiss Maladie de Chagas Hépatomégalie Dysenterie tropicale Hernie de Bochdalek Cysticercose Bilharziose Colopathes Réclamation si votre enfant est victime d'une intoxication alimentaire à la cantine Bézoard Oesophagite Syndrome de Budd Chiari Parasites intestinaux Hépatite toxique Ankylostomiase Invagination Rectocolite hémorragique Rectite Diverticule de l’oesophage Colite Traiter un ténia ou ver solitaire Adénolymphite mésentérique Éviter les remontées acides après un repas Dyspepsie Lithiase salivaire Syndrome de Barrett Soigner une gastrite Maladie de Hirschsprung 6 réflexes pour éviter une intoxication alimentaire Traiter les oxyures Giardiase Syndrome de Costen Traiter l'helicobacter pylori Atrésie de l'œsophage Dissoudre des calculs biliaires Traitement de l'intestin irritable Hépatite virale Cholécystite Maladie coeliaque Helicobacter pylori traitement naturel Enterococcus faecalis Varices oesophagiennes Angiocholite Soigner les ulcères gastriques Choléra Colite spasmodique Typhoïde Traitement du Clostridium difficile Traiter une colopathie fonctionnelle Ventre qui gargouille : le syndrome de l'intestin irritable Ulcère duodénal Hernie inguinale et crurale Syndrome hépato-rénal Stéatose hépatique Hernie ombilicale Reflux gastro-oesophagien Hernie hiatale Maladie de Crohn Péritonite Infarctus mésentérique Comment soigner une colopathie naturellement Achalasie Maladie de Caroli Anomalies de l’œsophage Occlusion intestinale Colite ischémique Escherichia coli Hernie diaphragmatique Syndrome de Sadam Gastrite chronique Gastrite nerveuse Calcul biliaire traitement naturel Cholangite Hépatite auto-immune Fistule anale Lavage d'estomac Côlon irritable Diverticule de Meckel Diverticule colique Mâchoire qui craque Malabsorption du fer Lutter contre les reflux gastro-œsophagiens Prolapsus rectal Éventration abdominale Syndrome d'Ogilvie Ulcère gastrique Vermifuge humain Intolérance au lactose Intolérance au glucose Insuffisance hépatique Stase stercorale Fistule digestive : savoir la reconnaître et bien réagir Régime FODMAP Colon irritable homéopathie Atrésie Spasme œsophagien Hypertension portale Gastrite Amibiase Syndrome de l’intestin irritable Clostridium Dysenterie Blanc de l'œil jaune Kyste hydatique Intoxication alimentaire Fissure anale Estomac irrité ? Arrêtez de fumer !