Sommaire

Les urines sont normalement claires, limpides, de couleur jaune ou transparente et stériles (absence de bactéries, de champignons ou de virus). Une urine trouble se définit par toute modification de cet aspect vu à l’œil nu et qui témoigne le plus souvent d’une pathologie sous-jacente touchant l’appareil urinaire.

Le point dans notre article.

Causes d'une urine trouble

L’aspect des urines va dépendre de plusieurs éléments : pour une large part du degré d’hydratation, mais aussi de l’alimentation, de certains médicaments et de la présence ou non d’une infection urinaire.

  • Effet de l’état d’hydratation sur l’urine : plus l’apport hydrique est abondant, plus la quantité d’eau éliminée est importante et plus la coloration de l’urine est claire.
  • Effet de l’alimentation : certains aliments peuvent entraîner un excès d’excrétion de cristaux de phosphate, d’oxalate ou d’acide urique. Cela survient généralement lorsque la personne mange de grandes quantités de betterave, d’asperges, de chocolat, voire même un excès de lait de vache.
  • Dans certains cas, un excès en supplémentation en vitamines (surtout C et B) peut donner un aspect trouble à l’urine.
  • Protéinurie : trop de protéines dans les urines entraîne un aspect trouble. Ceci peut se voir au cours de certaines maladies du rein, au cours du diabète, au cours de l’hypertension artérielle, voire même au cours de la grossesse. La protéinurie est préoccupante, mieux vaut consulter pour un suivi adapté.
  • Enfin, l’infection urinaire reste la raison la plus fréquente, particulièrement chez les femmes, les bébés et les personnes âgés. Cette infection peut se faire par voie basse à partir de l’urètre ou plus rarement par voie sanguine. Le germe en cause est le plus souvent une bactérie saprophyte du tube digestif qui est l’Escherichia Coli.

En général, le germe pénètre par l’urètre et se rend dans la vessie :

  • Dans la plupart des cas, il est éliminé par le flux des urines lors de la miction. 
  • Dans de rares cas, l’action nettoyante des urines se trouve dépassée, le germe stagne et se produit alors une pullulation microbienne.

D’autres bactéries peuvent entraîner une infection des voies urinaires tel que la Chlamydia et le Mycoplasme : l’infection est alors transmise par voie sexuelle et peut affecter les organes reproducteurs en plus de la vessie.

Urine trouble et infection urinaire : quelles manifestations cliniques ?

L’infection des voies urinaires se manifeste habituellement par un ensemble de signes cliniques qui traduisent l’irritation et l’inflammation des voies urinaires :

  • urétrite ou infection de l’urètre ;
  • cystite ou infection de la vessie ;
  • pyélonéphrite ou infection des reins.

Urétrite

Il s’agit d’une infection de l’urètre (conduit membraneux reliant la vessie au méat urinaire externe).

Plusieurs germes peuvent être en cause, plus particulièrement le Gonocoque, le Chlamydia ou le Mycoplasme. Il s’agit d’infections sexuellement transmissibles qui peuvent affecter les organes génitaux.

Cystite

Il s'agit d'une infection de la vessie ou bas appareil urinaire, elle est plus fréquente chez la femme et la petite fille en raison d’un urètre plus court.

Sur la plan clinique, une cystite se traduit par :

  • des urines troubles, voire sanguinolentes ;
  • pollakiurie ou envie fréquente d’uriner ;
  • dysurie ou douleur avec brulure lors de la miction ;
  • crampes avec pression du bas de l’abdomen et du bas du dos.

Pyélonéphrite

La pyélonéphrite traduit l’atteinte infectieuse des reins ou du haut appareil urinaire avec risque de destruction des reins et/ou passage du germe dans le sang (septicémie). Une prise en charge médicale urgente est de règle.

Sur le plan clinique, on constate : des douleurs lombaires aiguës, de la fièvre avec frissons, parfois des nausées et des vomissements.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic final de l’infection urinaire se fait par un ECBU (Examen Cytobactériologique des Urines). Il s’agit d’un examen fait sur un échantillon d’urine fraichement émise à la recherche de de la bactérie responsable pour ajuster le traitement antibiotique.

Une infection urinaire peut être traitée. Pour cela, on utilise des antibiotiques qui visent la bactérie en cause.

Urine trouble : prévention

Avant de traiter, il faut savoir prévenir l’infection urinaire. Cela passe par le respect des règles hygiéno-diététiques ou mieux encore :

  • Lutter contre la constipation.
  • Éviter de se retenir trop longtemps et uriner dès que le besoin se ressent.
  • Après la selle, respecter le sens de la toilette intime qui se fera d’avant en arrière et jamais d’arrière en avant.
  • Proscrire l’irrigation vaginale.
  • Privilégier les douches aux bains.
  • Changer les sous-vêtements tous les jours.
  • Porter des serviettes hygiéniques, plutôt que des tampons.
  • Si les rapports sexuels sont mis en cause, on conseille à la femme de faire sa toilette intime et d’uriner avant et après chaque rapport sexuel.
  • Au cours de la grossesse, surveillance régulière et systématique par ECBU.

Urine trouble et alimentation

Il est vrai de dire que notre hygiène de vie, ainsi que notre alimentation peuvent influencer notre fonction rénale.

Aliments à éviter

Certains aliments, par leur effet irritant sur la muqueuse vésicale, modifient l’aspect des urines : le café, le thé, le chocolat, les agrumes, les asperges, les épices, l’alcool et les boissons gazeuses.

Aliments à privilégier

Ce sont des aliments à effet protecteur et désinfectant de la muqueuse vésicale tel que la canneberge, le bleuet, la figue, mais aussi les légumes riches en fibres, l’orge, le raisin, la framboise.

Mais le plus simple et le plus important reste de boire beaucoup d’eau.

Lire l'article Ooreka

Ces pros peuvent vous aider