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En France, quelques centaines de personnes sont concernées par la maladie de Gaucher, une affection héréditaire qui comporte des formes très invalidantes. Comment se traduit-elle et quels sont les moyens de la traiter ? On vous en parle tout de suite dans cet article !

Maladie de Gaucher : définition et causes

La maladie de Gaucher est une affection génétique rare, qui touche 1 personne sur 100 000. Elle entre dans la famille des maladies lysosomales, car elle concerne un dysfonctionnement impliquant un compartiment particulier des cellules, le lysosome, chargé de recycler et d'éliminer les déchets.

La maladie de Gaucher est liée à une mutation au niveau du gène qui permet la fabrication de la glucocérébrosidase, le GAB, présent au niveau du chromosome 1. La transmission de la maladie est récessive : pour la développer, un enfant doit avoir reçu le gène muté de ses deux parents.

En cause : l'accumulation du glucocérébroside

Un composé, le glucocérébroside, qui provient de la dégradation de l'enveloppe des globules blancs et des globules rouges en fin de vie, s'y accumule de façon anormale. En effet, celui-ci ne peut être détruit car les personnes touchées par la maladie ne produisent pas la substance nécessaire à cette étape, une enzyme appelée glucocérébrosidase.

L'accumulation de glucocérébroside s'observe tout particulièrement au sein des macrophages, des cellules faisant partie du système immunitaire. Ils s'accumulent dans différents organes : la rate, le foie, la moelle osseuse, parfois le poumon, les reins ou l'intestin, ce qui provoque les différents symptômes observés dans le cadre de cette maladie.

Les différents types de la maladie de Gaucher

Il existe trois types de la maladie, dont la sévérité varie :

  • le type 1 est le plus courant. Il touche la rate, le foie et les os. Il est plus fréquemment rencontré dans la population juive ashkénaze, où on estime qu'une personne sur 10 est porteuse du gène muté. Les symptômes apparaissent généralement vers l'âge de 20 ans ;
  • le type 2 comporte en plus une atteinte du système nerveux. Il se manifeste dès les premiers mois de vie, et son évolution est rapidement fatale ;
  • le type 3 est aussi caractérisé par une atteinte neurologique, mais qui survient plus tardivement, généralement pendant l'adolescence. Il est plus fréquent dans le nord de la Suède.

Symptômes de la maladie de Gaucher

Cette affection peut se manifester de façon très différente d'une personne à l'autre : certains patients ont de lourds symptômes, tandis que d'autres ne sont que peu affectés. Les principaux signes de la forme la plus courante de la maladie sont :

  • une anémie, responsable d'une grande fatigue, d'une pâleur, de difficultés à respirer ;
  • une baisse de la quantité de plaquettes sanguines, les éléments du sang qui assurent la coagulation. Elle peut entraîner des saignements de nez ou des gencives, et la survenue d'hématomes ;
  • plus rarement, une baisse des globules blancs dans le sang, qui provoque une sensibilité aux infections ;
  • un ventre gonflé, en raison de l'augmentation du volume de la rate et du foie ;
  • des problèmes osseux : douleurs, ostéoporose, déformation de la colonne vertébrale mais aussi atteinte des articulations (arthrose) ;
  • un retard de croissance, une puberté tardive.

Traitements de la maladie de Gaucher

Il existe aujourd'hui des traitements efficaces de la maladie de Gaucher, qui ont permis d'améliorer grandement le quotidien des malades. Deux approches sont disponibles : le traitement enzymatique de substitution ou par réduction de substrat.

Traitement enzymatique de substitution

La maladie étant provoquée par un déficit en glucocérébrosidase, le premier traitement repose sur l'administration d'une enzyme fabriquée en laboratoire, l'imiglucérase, pour compenser ce défaut. Elle est administrée par voie intraveineuse, tous les 15 jours et réservée aux personnes atteinte du type 1 ou du type 3 de la maladie, mais sans atteinte neurologique sérieuse.

Traitement par réduction de substrat

Lorsque le traitement précédant n'est pas envisageable (les injections sont contraignantes et parfois mal supportées par les patients) un autre médicament, le miglustat, peut être utilisé. Il agit de manière différente, en limitant l'accumulation de glucocérébroside. Il est administré par voie orale mais n'est adapté qu'aux formes les plus légères de la maladie. Contrairement à l'imiglucérase, il est contre-indiqué chez la femme enceinte.

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