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Les colopathes sont des personnes souffrant du syndrome de l'intestin irritable (SII) encore appelé colopathie fonctionnelle, un trouble qui touche le gros intestin appelé côlon. C'est une maladie chronique à part entière, malgré son caractère bénin, qui associe douleurs abdominales, ballonnements et troubles du transit, constatés au moins 1 jour par semaine dans les 3 derniers mois. Les causes de la maladie ne sont pas connues mais les situations stressantes de la vie au quotidien aggravent les symptômes. Une alimentation équilibrée, suffisamment riche en fibres non irritables, avec des repas pris dans le calme, améliorent la vie des colopathes.

Les colopathes : définition

On appelle colopathe toute personne souffrant du syndrome de l'intestin irritable (SII) touchant le côlon (gros intestin), d'où leur nom.

C'est une affection fréquente et sans gravité, qui n'augmente pas le risque de développer une maladie inflammatoire chronique intestinale (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) ou un cancer du côlon.

Caractéristiques des colopathes

Les colopathes sont des personnes qui souffrent de douleurs abdominales chroniques, de ballonnements et de troubles du transit avec diarrhée ou constipation, voire les deux en alternance. Le corps médical a encore du mal à comprendre cette maladie qui concernerait 10 à 20 % de la population avec un tiers des consultations chez les gastro-entérologues qui seraient concernées par le syndrome de l'intestin irritable.

Les colopathes ont en commun une hypersensibilité de l'intestin qui fonctionne de façon exacerbée ou au ralenti : les fibres musculaires se contractent et se relâchent parfois trop vite ou à l'inverse trop lentement, entraînant soit une diarrhée soit une constipation ; une activité intestinale irrégulière qui provoque ballonnements et flatulences ; leur intestin est souvent plus distendu.

Les symptômes des colopathes

Les symptômes du syndrome de l'intestin irritable dont souffrent les colopathes sont de trois types :

  • Des douleurs abdominales très fréquentes après un repas ou non, qui peuvent durer quelques heures à quelques jours. Ces douleurs s'atténuent lors d'émission de gaz et de selles.
  • Des troubles du transit intestinal avec souvent une constipation mais aussi des diarrhées ou l'alternance des deux.
  • Des ballonnements et flatulences très fréquents qui font gonfler le ventre.

Il n'est pas rare non plus que les colopathes souffrent de symptômes dépressifs, ce qui n'a rien d'étonnant lorsqu'on sait qu'il existe un lien entre déséquilibre du microbiote intestinal et troubles dépressifs.

Les médecins et spécialistes gastro-entérologues ont établi une classification précise des divers symptômes, remise à jour en 2016 dans sa version n°4. C'est ce qu'on appelle les critères de ROME, car la réunion s'est déroulée à Rome, en Italie.

Parmi les changements récents de cette classification, il faut noter que la douleur abdominale chronique n'est plus qualifiée « d'inconfort ». Sa fréquence a été réévaluée à au moins 1 jour par semaine dans les 3 derniers mois (au lieu d'au moins 3 jours par mois dans les 3 derniers mois). Elle peut être soit en relation avec la défécation, soit associée avec une modification de la fréquence et de l'aspect des selles. Enfin, les sous-types de SII (Syndrome de l'Intestin Irritable) restent inchangés avec un transit prédominant : SII-C (Constipation), SII-D (Diarrhée), SII mixte, SII non classé.

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Réactions à avoir lorsque l'on est colopathe

Même si les colopathes ont souvent un profil de personne anxieuse, très émotive, il n'en reste pas moins que les causes de leurs troubles peuvent avoir des origines diverses : une éventuelle prédisposition familiale au SII ; des antécédents d'épisodes infectieux ; une flore intestinale perturbée.

Recommandations diététiques pour les colopathes

Une alimentation équilibrée la plus variée possible est requise, avec suffisamment de fibres non irritantes pour lutter contre la constipation : fruits et légumes cuits épluchés et épinés si besoin ou crus bien lavés ; apport de céréales complètes et légumineuses si bien tolérées ou en petite quantité, mixées (en purée) ou en potage pour casser les fibres trop irritantes. On évitera les plats trop épicés, les graisses cuites et plats tout préparés.

Si la famille des choux, ail, oignon, provoque trop de flatulences, les limiter ou les éliminer. Tout est une question de tolérance personnelle.

On limitera les boissons alcoolisées et produits sucrés en quantité trop importante : certains sucres (fructose, édulcorants type sorbitol) sont dits fermentescibles (Fermentable Oligo, Di and Monosaccharides and Polyols ou FODMAPs). Largement utilisés par l'industrie agroalimentaire, ils peuvent favoriser certains symptômes du SII. Le régime dit « FODMAP », en réalité pauvre en FODMAPs, améliore considérablement les symptômes chez 60 % des patients.

Les eaux minérales riches magnésium aident à lutter contre la constipation.

On évitera à tout prix des régimes d'éviction sous effet de mode : les « sans gluten », « sans produits laitiers de vache », etc.

L'idéal est de repérer les aliments déclencheurs des troubles digestifs et les éviter. Pour certains, ce seront les édulcorants présents dans beaucoup de produits, pour d'autres, ce sera le lactose (sucre du lait) qu'ils tolèrent moins bien en vieillissant.

Médicaments conseillés

Pour aider les colopathes, on peut utiliser des antispasmodiques pour calmer les douleurs, des laxatifs doux en cas de constipation ou encore des probiotiques qui régénèrent la flore intestinale. En ce qui concerne ces derniers, le Bifidobacterium infantis 35624® (à raison de 1 gélule par jour) est la souche bactérienne qui présente les meilleures preuves d’efficacité en cas de côlon irritable. Elle diminue les douleurs, les ballonnements et normalise le transit intestinal, quel que soit le trouble.

Toutefois, plus encore qu'avec les probiotiques, la transplantation de microbiote fécal (TMF) apparaît comme une technique sûre permettant de recouvrir un microbiote intestinal riche et diversifié en une seule fois et de façon durable.

D'autres alternatives, qui ont des effets positifs sur certains colopathes, peuvent être envisagées, telles que la phytothérapie, l'acupuncture, le thermalisme et la thalassothérapie ou encore l'hypnose. En ce qui concerne l'hypnose, une étude a montré qu’après trois mois de cours individuels et de cours collectifs d’hypnothérapie (exercices de visualisation positive), respectivement 40 et 33 % des patients souffrant d’un syndrome du côlon irritable voyaient leurs symptômes s’améliorer. Cette amélioration était ressentie jusqu’à 9 mois après l’arrêt du traitement (source : Carla E. Flik, et al., “Efficacy of individual and group hypnotherapy in irritable bowel syndrome (IMAGINE): a multicentre randomised controlled trial”, The Lancet ; Gastroenterology & hepatology, novembre 2018).

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