Inhibiteur de la pompe à protons

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Les brûlures d'estomac et remontées acides, qui touchent environ 40 % de la population en France, peuvent être soulagées par des médicaments très efficaces qu'on appelle les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ce sont des médicaments antisécrétoires gastriques puissants qui ont une action de longue durée. Peu toxiques et généralement bien tolérés, ce sont les traitements les plus utilisés aujourd'hui dans les pathologies liées à l'hyperacidité gastrique. Leur utilisation, en particulier lorsqu'elle prolongée, peut toutefois présenter certains risques d'effets indésirables.

Inhibiteurs de la pompe à protons : caractéristiques

Apparus en 1987, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont la plus récente famille d'antisécrétoires gastriques. Ils ont une efficacité et une durée d'action supérieures à celles des antihistaminiques H2 (des antisécrétoires plus anciens).

Les médicaments IPP

Cinq molécules d'IPP d'efficacité équivalente sont aujourd'hui disponibles :

  • l'ésoméprazole (Inexium®) ;
  • l'oméprazole (Mopral®, Zoltum®) ;
  • le lansoprazole (Ogast®, Lanzor®) ;
  • le pantoprazole (Inipomp®, Eupantol®) ;
  • le rabéprazole (Pariet®).

Ces médicaments se présentent sous forme orale (comprimés, gélules, sachets) ou en solutions injectables réservées aux cas sévères. Ils existent en plusieurs dosages adaptés aux différentes pathologies traitées et sont généralement délivrés sur prescription médicale. 

Mode d'action et utilisations des IPP

Les inhibiteurs de la pompe à protons réduisent l'acidité de l'estomac en inhibant spécifiquement et durablement une enzyme H+K+/ATPase (pompe à protons) responsable de la production des ions H+ (acides) au niveau des cellules pariétales gastriques.

Leur action antisécrétoire est très puissante et de longue durée (environ 18 à 24 h). Généralement, une seule prise d'IPP suffit à couvrir le besoin journalier, même si 2 à 4 prises consécutives sont nécessaires pour obtenir une efficacité maximale.

Les principales indications des IPP sont :

  • le traitement du reflux gastro-œsophagien (RGO) ;
  • le traitement du syndrome de Zollinger-Ellison ;
  • le traitement de certains ulcères gastriques dus à une infection par Helicobacter pylori, en association à des antibiotiques ;
  • la prévention de la récidive de l'ulcère gastroduodénal et de l’œsophagite par RGO ;
  • la prévention des lésions gastroduodénales dues à la prise d'anti-inflammatoires (AINS, corticoïdes, aspirine) mais uniquement chez les sujets à risque (personnes de plus de 65 ans, antécédent d’ulcère gastrique ou duodénal ou traitement par antiagrégant plaquettaire, anticoagulant ou corticoïde). On constate pourtant que, dans 80 % des cas, aucun facteur de risque ne justifie l’utilisation systématique d’un IPP en association avec un AINS et l’ANSM rappelle qu’il est important de ne pas banaliser leur utilisation.

Précautions d'emploi et risques secondaires des IPP

Les inhibiteurs de la pompe à protons sont généralement bien tolérés, mais ils peuvent malgré tout provoquer quelques effets secondaires qui nécessitent d'être pris en compte pour leur bonne utilisation. 

IPP : précautions d'emploi liées à des contre-indications

Trois recommandations essentielles sont à suivre s'agissant des contre-indications liées aux IPP :

  • les IPP sont contre-indiqués en cas d'allergie à l'un de leur composant ;
  • leur posologie doit être réduite en cas d'insuffisance hépatique sévère ;
  • ils ne doivent pas être associés à certains médicaments, dont ils diminuent l'action, tels que le Nelfinavir® (antirétroviral) ou  le Clopidogrel® (antiagrégant plaquettaire).

Des interactions variées restent possibles avec d'autres médicaments, comme les antifongiques, antibiotiques ou digitaliques

IPP : risques d'effets secondaires

Des effets secondaires généralement bénins touchent moins de 5 % des sujets traités et disparaissent rapidement à l'arrêt du traitement. Les plus fréquents sont :

  • les diarrhées ;
  • les nausées et vomissements ;
  • les douleurs abdominales ;
  • les maux de tête. 

Dans de rares cas, en raison de l'inhibition durable de la sécrétion acide de l'estomac, les traitements très prolongés (> 1 an) peuvent présenter des risques de complications :

  • une anémie liée à une diminution de l'absorption de la vitamine B12 et du fer ;
  • une ostéoporose ou une fracture, en particulier fracture de hanche, probablement favorisée par une diminution de l'absorption du calcium ;
  • une hypomagnésémie (baisse du taux sanguin de magnésium) qui peut provoquer des tremblements, des crampes musculaires et des battements cardiaques irréguliers ;
  • une infection intestinale ou pulmonaire due à l'augmentation de la quantité des bactéries gastriques ;
  • une néphrite interstitielle aiguë (inflammation rénale) ou une insuffisance rénale chronique.

Conseils d'utilisation des IPP

Voici quelques recommandations et conseils utiles aux utilisateurs d'IPP :

  • Pour réduire les risques d'effets secondaires :
    • respectez la posologie prescrite par votre médecin (dose, fréquence des prises et durée du traitement),
    • en cas d'automédication, prenez la dose la plus faible recommandée et limitez la durée du traitement à 14 jours. Si les symptômes persistent ou récidivent, il est préférable de consulter.
  • La dose unique quotidienne se prend avec 1 verre d'eau, le matin ou le soir avant un repas, ou à tout moment de la journée en cas d'oubli. 
  • Si vous devez prendre un nouveau médicament, évitez les interactions médicamenteuses indiquées sur la notice du produit ou demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
  • Si un effet indésirable gênant apparaît, arrêtez le traitement et signalez-le à votre médecin. 
  • Si un traitement prolongé est indispensable, il est recommandé d'augmenter vos apports alimentaires en calcium (produits laitiers) et de faire des analyses biologiques régulières pour détecter d'éventuelles anomalies.
  • Après un traitement supérieur à 1 mois, l'arrêt de l'IPP doit être progressif pour éviter un rebond de sécrétion acide.

Impact sur le microbiote intestinal

Les inhibiteurs de la pompe à proton altèrent le pH gastro-intestinal et retardent la vidange gastrique, ce qui a un impact la composition du microbiote (flore intestinale) avec une diminution de la diversité des bactéries et une modification de 20 % des groupes bactériens.

Cela entraîne :

  • des risques augmentés d'infection à Clostridium difficile ;
  • des récidives plus fréquentes ;
  • des risques d'antibiorésistance ;
  • chez les nourrissons, des risques considérablement augmentés de développer une maladie allergique, et plus particulièrement une allergie alimentaire (au lait de vache notamment), le risque étant même augmenté de 52 % en cas d'une utilisation d'IPP pendant plus de 2 mois.

Pour ces différentes raisons il est préférable de limiter leur utilisation au strict minimum.

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