Allergie alimentaire

Écrit par les experts Ooreka

 

L'allergie alimentaire touche aujourd'hui 4 % des adultes et 8 % des enfants, soit cinq fois plus de personnes qu'il y a trente ans.

  • L'ingestion d'un allergène alimentaire provoque une gamme de réactions très variables, aiguës et graves ou chroniques et invalidantes, même à doses infimes.
  • Un simple soupçon d'huile d'arachide ou d'œuf dans un plat préparé peut provoquer une réaction chez l'allergique à l'arachide ou à l'œuf.

Causes de l'allergie alimentaire

L'allergie est une réaction excessive du système immunitaire qui entre en contact avec un allergène, presque une protéine dans les allergies alimentaires.

Facteurs de risque

Trois facteurs de risque d'allergie alimentaire sont bien identifiés :

  • L'hérédité : avoir un parent allergie multiplie le risque par 2, avoir ses deux parents allergiques le multiplie par 4.
  • La diversification précoce : le tube digestif de l'enfant n'est pas prêt à digérer des protéines étrangères autres que celles du lait maternel ou maternisé avant le sixième mois, et même l'âge de 8 mois pour le blanc d'œuf.
  • Les infections : beaucoup d'allergies alimentaires commencent après une diarrhée virale qui fragilise la muqueuse intestinale, parfois après une rhino-pharyngite ou une angine.

Toutefois, une étude suggère également que la prise d'antibiotiques au cours de la première année de vie favorise la survenue des allergies alimentaires durant l'enfance. Plus les prescriptions d'antibiotiques sont fréquentes, plus les risques seraient élevés. C'est là aussi le dérèglement de la flore intestinale qui serait à l'origine de ces troubles.

Aliments en cause chez l'enfant

Enfant buvant du soda

Quatre aliments sont souvent responsables d'une allergie alimentaire chez l'enfant, chacun pouvant présenter une allergie à un ou deux aliments, rarement plus. On trouve par ordre décroissant de fréquence

  • l'œuf ;
  • l'arachide (y compris l'huile), plus souvent en cause que l'œuf entre 3 et 6 ans ;
  • le lait ;
  • le poisson.

Sont ensuite retrouvés les légumes secs, les noix et noisettes, le bœuf, les crustacés, la moutarde, la noix de coco, le porc. Les autres aliments et les colorants représentent moins de 1 % de l'ensemble de ces allergies chez l'enfant.

Aliments en cause chez l'adulte

De nombreux aliments sont en cause, avec possibilité d'allergies multiples ou croisées. On retrouve, par ordre décroissant de fréquence

  • les rosacées : cerise, abricot, pomme, fraises, framboises, prunes, pêches, poires ;
  • le groupe latex : banane, kiwi, avocat, châtaigne ;
  • les fruits secs ;
  • les ombellifères : carotte, persil céleri, coriandre, fenouil, aneth ;
  • l'œuf ;
  • les fruits de mer ;
  • le poisson ;
  • le lait ;
  • la farine de blé ;
  • les légumes secs.

Tous les autres aliments et les colorants ou additifs représentent moins de 1 % des allergies alimentaires.

Symptômes d'allergie alimentaire

L'allergie alimentaire doit être évoquée devant :

  • un eczéma atopique du nourrisson, ;
  • l'urticaire ou des démangeaisons de l'enfant ;
  • un œdème, une rougeur ou des picotements dans la bouche et la gorge ;
  • l'asthme, une toux sèche persistante ;
  • une rhinite allergique hors saison de pollens ;
  • des aphtes récidivants ;
  • une diarrhée, des vomissements, un météorisme abdominal une ou deux heures après les repas.

Évolution et examen de cette allergie

Évolution

Sans traitement, l'allergie alimentaire de l'enfant évolue de façon variable : persistance toute la vie pour les uns, régression lente chez les autres.

Deux complications graves menacent

  • l'œdème de Quincke dans lequel le gonflement de la gorge finit par empêcher toute respiration ;
  • le choc anaphylactique avec effondrement de la tension artérielle.

Examens

Tests allergiques et digestion

Le médecin confirme une allergie alimentaire grâce à

  • une enquête alimentaire approfondie,
  • des tests cutanés réalisés par l'allergologue,
  • des tests sanguins (dosages d'IgE sériques spécifiques d'un aliment, RAST qui regroupe plusieurs aliments), inutiles si les tests cutanés sont nettement positifs,
  • des tests de provocation, pratiqués en milieu hospitalier en cas de doute persistant.

Traitement de l'allergie alimentaire

L'éviction de l'aliment

Le traitement de l'allergie alimentaire et de ses conséquences repose avant tout sur l'éviction totale de l'allergène responsable :

  • les aliments eux-mêmes ;
  • tout plat cuisiné ou toute préparation susceptible d'en contenir, même à dose infime.

Ce régime d'exclusion impose de ne consommer que des repas préparés à la maison ou dont la composition est parfaitement connue. Les plats cuisinés, surgelés ou en conserve, sont très souvent interdits. Les repas au restaurant sont imprudents, notamment en cas d'allergie à l'arachide ou à l'œuf.

Pour maintenir l'équilibre alimentaire, il faut trouver des substituts aux aliments interdits, avec l'aide d'une diététicienne par exemple.

Un enfant allergique peut manger à la cantine scolaire les plats préparés par ses parents, apportés chaque matin et réchauffés sur place. Cette possibilité légale impose la mise en place d'un PAI (plan d'accueil individualisé) cosigné par la famille, le médecin allergologue ou le médecin traitant, le médecin scolaire et la direction de l'école.

L'enfant allergique doit absolument apprendre à refuser les offres de ses camarades (pâtisseries, biscuits, confiseries).

Après une ou deux années d'éviction sans manifestation allergique, une réintroduction prudente de l'aliment peut être tentée sous contrôle de l'allergologue.

Les médicaments

Les médicaments antiallergiques peuvent apporter un bénéfice :

  • en traitement de crise après une erreur diététique ;
  • en traitement de fond en cas d'asthme ou d'eczéma chronique.

Chaque allergique, ou sa famille, doit disposer à portée de main de médicaments d'urgence à utiliser en urgence en cas d'urticaire aiguë, d'œdème de Quincke (corticoïdes) ou de choc anaphylactique (adrénaline auto-injectable).

  • Ces médicaments et leur utilisation sont prescrits à l'avance par le médecin traitant ou l'allergologue.
  • Une dose est également tenue à disposition de l'enfant à l'école (dans un endroit non fermé à clé) dans le cadre du PAI.

Bon à savoir : une étude australienne a mis en place un essai clinique à base de probiotiques. Ainsi, des enfants souffrant d'allergie à l'arachide se sont vus administrer des probiotiques accompagnés de faibles doses de protéines d'arachides pendant une période de 18 mois. À l'issue de ces tests, 80 % des enfants pouvaient tolérer l'arachide et, 4 ans plus tard, 70 % de ces enfants pouvaient encore consommer des cacahuètes sans réaction allergique.

La désensibilisation

Basée sur le principe d'une accoutumance progressive du corps à l'allergène identifié, la désensibilisation est une procédure longue (3 à 6 ans) rarement indiquée en cas d'allergie alimentaire.

Prévention de l'allergie alimentaire

Pour diminuer le risque d'allergie alimentaire chez le nourrisson et l'enfant :

  • privilégiez l'allaitement maternel, surtout si vous appartenez à une famille d'allergiques ;
  • maintenez un régime lacté strict, sans farines notamment, pendant au moins 3 mois ;
  • n'introduisez aucun aliment protéique animal (poisson, viande) avant la sortie des premières dents ;
  • n'introduisez pas le blanc d'œuf avant 8 mois ;
  • n'introduisez aucun aliment nouveau moins de 2 à 3 semaines après une gastro-entérite virale.

Pour éviter le contact involontaire avec un allergène exclu du régime :

  • préparez vous-même vos repas à partir d'aliments frais ;
  • lisez attentivement la composition des ingrédients (épices, cubes de bouillon, corps gras, sauces) ou des aliments industrialisés que vous utilisez ;
  • attention aux bâtons pour lèvres sèches et aux baisers si vous êtes allergique à l'arachide.

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