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Traiter l'helicobacter pylori

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L’Helicobacter pylori est une bactérie qui survit dans le milieu acide de l’estomac. La plupart du temps, la personne contaminée ne s'en aperçoit même pas. La bactérie Helicobacter pylori peut cependant être responsable de pathologies gastriques, et même de cancers. Elle s’installe profondément dans la muqueuse de l’estomac et y reste silencieusement tant qu’elle n’est pas soignée. Le traitement est intensif, doit être suivi avec soin, et l’éradication de la bactérie doit être vérifiée.

Voici comment traiter l'Helicobacter pylori.

Zoom sur l'Helicobacter pylori

Les personnes se contaminent par voie alimentaire, généralement dans l’enfance. Le taux d’infection s’abaisse avec l’amélioration des conditions d’hygiène. En France, plus on est jeune, moins on a de chances d’être contaminé : 60 % des personnes de 60 ans et 22 % des personnes de 20 ans ont été infectées par cette bactérie.

Huit fois sur dix, la présence d’Helicobacter pylori dans l’estomac passe inaperçue et les personnes infectées ne s'en aperçoivent pas. Cependant, la bactérie peut être la cause de certaines pathologies gastriques :

  • difficultés de digestion (appelées dyspepsie) : on ne sait pas vraiment quelle est la part de responsabilité de Helicobacter pylori dans les digestions difficiles ;
  • ulcère : il est très souvent lié à la présence d’Helicobacter pylori. Le traitement permettant d’éradiquer la bactérie est une révolution : auparavant, un ulcère récidivait 8 fois sur 10, c’est désormais moins de 1 fois sur 20 ;
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  • gastrite chronique : elle est préoccupante si elle s’accompagne d’une atrophie de la muqueuse de l’estomac et du remplacement de certaines cellules gastriques par une « métaplasie intestinale ». Cela induit un risque évolutif de cancer ;

Gastrite

Article

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  • cancer gastrique : on estime que 1 à 4 % des porteurs d’Helicobacter non traités seront potentiellement atteints d’un cancer gastrique.

1. Dépistez et diagnostiquez l’Helicobacter pylori

Dépistez l'Helicobacter pylori

En France, le dépistage systématique de l’Helicobacter pylori n’est pas recommandé, sauf pour les personnes que l’on considère « à haut risque » :

  • en cas d’ulcère, surtout s’il est révélé par une hémorragie digestive ;
  • en cas de gastrite sévère, inflammatoire, avec atrophie de la muqueuse, surtout si les cellules présentent un aspect appelé métaplasie intestinale (anomalies visibles seulement au microscope) ;
  • en cas d’antécédent familial de cancer de l’estomac ;
  • en cas de nécessité de prendre un traitement anti-inflammatoire ou antiulcéreux prolongé ;
  • avant une chirurgie d’obésité (by-pass) ;
  • en cas de carence en fer inexpliquée.

Diagnostiquez l'Helicobacter pylori

Le seul diagnostic irréfutable de l’Helicobacter pylori se fait grâce à une fibroscopie gastrique qui explore l’estomac et réalise plusieurs prélèvements gastriques puis à une analyse au microscope qui permet de voir la bactérie dans la muqueuse.

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Deux autres tests sont utilisés dans des circonstances particulières :

  • recherche d’anticorps avec une prise de sang ;
  • test respiratoire effectué en laboratoire.

Ces tests sont proposés pour confirmer une infection en cas de forte suspicion et de prélèvement gastrique négatif (sérologie et test respiratoire) ou bien pour confirmer l’efficacité du traitement (test respiratoire).

2. Traitez une infection par l’Helicobacter pylori

L’Helicobacter pylori est particulier puisque la bactérie est enfouie profondément dans la paroi gastrique et y reste toute la vie si elle n’est pas traitée. De ce fait, elle est difficile à déloger et pour cela, un traitement intensif est indispensable. De plus, la bactérie a développé des résistances à de nombreux antibiotiques.

Le Groupe d’études français des Helicobacter (GEFH) a édicté des recommandations de traitement pour l'éradication de la bactérie. S'il vous diagnostique une infection par l'Helicobacter pylori, le médecin vous prescrira l'un des 2 traitements suivants.

1. Le traitement séquentiel

  • Les 5 premiers jours : association d’amoxicilline (1 g 2 fois par jour), ou d'un autre antibiotique en cas d’allergie à la pénicilline, et d’un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) en double dose en 2 prises.
  • Les 5 jours suivants : association d’IPP, de clarithromycine (500 mg 2 fois par jour) et de métronidazole (500 mg 2 fois par jour).

Attention, bien que les IPP fassent partie des médicaments les plus prescrits au monde (16 millions de prescriptions en France en 2015), ils ne sont pas dénués d'effets secondaires graves. Il est essentiel de ne pas prendre des IPP au long cours sans suivi médical rigoureux. En effet, ces médicaments augmentent le risque de cancer de l’estomac, notamment chez les patients infectés par Helicobacter pylori ! Ce risque est doublé chez ceux qui ont pris des IPP pendant moins d'un an, il est multiplié par 5 chez les personnes ayant pris régulièrement un IPP pendant plus d'un an, et le risque de cancer de l’estomac est multiplié par 8 chez ceux qui ont suivi un traitement aux IPP pendant deux ans ou plus.

Ce n’est pas tout puisqu’une autre étude publiée en 2017 dans le British Medical Journal a prouvé que la prise répétée d’IPP augmentait :

  • de 44 % le risque de démence et d’Alzheimer ;
  • de20 % le risque d’infarctus (indépendamment de l’âge) ;
  • de 122 % le risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire,
  • de 20 à 50 % le risque d’insuffisance rénale,
  • de 44 % le risque de fracture de la hanche (les IPP empêchent l’assimilation de nutriments essentiels et provoquent une déminéralisation progressive responsable de l’ostéoporose).

Enfin, une étude autrichienne parue en 2019 dans Nature Communications indique que « les personnes qui prennent des médicaments protégeant leur estomac, tels que les IPP, doublent ou même triplent leur risque de développer des symptômes allergiques nécessitant un traitement », en particulier les femmes et les personnes de plus de 60 ans.

2. La quadrithérapie bismuthée

Un nouveau médicament (Pylera®) réunissant dans une seule gélule 140 mg de sous-citrate de bismuth, 125 mg de métronidazole et 125 mg de tétracycline a fait son apparition.

Le traitement nécessite la prise de 14 gélules journalières :

  • 3 gélules de Pylera 4 fois par jour ;
  • en association avec 20 mg d’oméprazole (IPP) 2 fois par jour.

3. Assurez-vous de l'éradication de l’Helicobacter Pylori

Après l’un ou l’autre des deux traitements, la bactérie est éradiquée dans plus de 85 % des cas. En cas d’échec, il faut réessayer avec le second traitement.

Après deux traitements, les échecs sont rares : plus de 95 % des patients n’ont plus de bactérie dans l’estomac.

Contrôlez l’éradication

Le contrôle de l’éradication de l’Helicobacter pylori est indispensable. Il se réalise en faisant pratiquer un test respiratoire en laboratoire. Une nouvelle fibroscopie gastrique n’est pas indispensable, mais sera proposée selon les cas cliniques.

Le test respiratoire (ou test à l’urée) se pratique à jeun en laboratoire. Des conditions de réalisation sont impératives :

  • au moins 4 semaines après la prise de tout antibiotique ;
  • au moins 2 semaines après la fin de prise des inhibiteurs de la pompe à protons.

Le traitement de l’Helicobacter pylori est-il définitif ?

L’éradication de la bactérie est définitive chez l’adulte et permet de modifier l’histoire naturelle des maladies induites. La récidive d’ulcère après traitement est de moins de 5 % alors qu’elle est de 95 % sans celui-ci. Le risque de cancer gastrique diminue fortement après traitement de la bactérie.

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